Pour calculer un prix de vente, partez de votre coût de revient complet (achats, coûts variables et une part de vos frais fixes), appliquez votre marge cible pour obtenir le prix HT, ajoutez la TVA pour le prix TTC, puis confrontez ce prix au marché. Exemple : un coût de revient de 60 € et un taux de marque de 40 % donnent 60 ÷ (1 − 0,40) = 100,00 € HT, soit 120,00 € TTC avec une TVA à 20 %.
Le calcul est simple ; ce sont les oublis qui coûtent cher. Le plus fréquent : fixer son prix sur le seul prix d’achat et découvrir en fin de mois que les frais fixes ont mangé toute la marge.
Qu’est-ce qu’un prix de vente ?
Le prix de vente HT est le montant que vous encaissez pour vous, hors taxes. Il se décompose ainsi :
prix de vente HT = coût de revient + marge
Le prix de vente TTC est ce que paie un client particulier : prix HT + TVA. Un client professionnel assujetti récupère la TVA ; c’est donc votre prix HT qu’il compare d’un fournisseur à l’autre.
Deux bornes encadrent le bon prix : le coût de revient fixe le plancher (en dessous, chaque vente vous appauvrit), le prix que le client accepte de payer fixe le plafond. La méthode qui suit calcule le plancher et la marge, puis vous aide à situer le prix entre les deux.
Étape 1 : comment calculer le coût de revient ?
Le coût de revient d’une unité vendue additionne trois blocs :
- Le coût d’achat ou des matières : prix d’achat net de remises, plus transport et droits d’entrée.
- Les autres coûts variables : ce qui n’existe que si vous vendez (emballage, livraison, commission d’un apporteur, sous-traitance, frais de paiement).
- La quote-part des frais fixes : loyer, logiciels, assurances, véhicule, comptable et votre propre rémunération, divisés par le nombre de ventes prévues sur la même période.
Pour une prestation de service, le « coût d’achat » est souvent nul : votre matière première est votre temps, qui se retrouve dans les frais fixes (votre rémunération) et dans le nombre de prestations que vous pouvez réaliser par mois. Si vous facturez à la journée, la logique du taux journalier est traitée sur notre site partenaire : calculer son TJM de freelance.
Étape 2 : comment appliquer sa marge ?
Une fois le coût de revient connu, trois formules mènent au prix HT. Elles donnent des résultats différents pour un même pourcentage : choisissez la base avant de choisir le chiffre.
| Votre objectif | Formule du prix de vente HT | Exemple (coût de revient 60 €) |
|---|---|---|
| Taux de marque (part du prix qui vous reste) | Coût ÷ (1 − taux de marque) | 60 ÷ 0,60 = 100,00 € pour 40 % |
| Taux de marge (part ajoutée au coût) | Coût × (1 + taux de marge) | 60 × 1,40 = 84,00 € pour 40 % |
| Coefficient multiplicateur | Coût × coefficient | 60 × 1,667 = 100,02 € |
Source : calcul de la rédaction d'Entrepreneur Commercial, relevé le 02/10/2026. Exemple construit sur un coût de revient de 60 € HT ; prix arrondis au centime. Notre méthode
Le taux de marque est le plus parlant pour un vendeur, car il se lit directement sur le prix : sur 100 € HT, 40 € vous restent. C’est aussi la remise maximale avant de vendre au prix coûtant. La différence entre les deux taux, le tableau de correspondance et les taux moyens de 24 secteurs du commerce publiés par l’INSEE sont détaillés dans notre guide du taux de marge et du taux de marque.
Les montants sont arrondis au centime une fois le prix HT calculé. C’est pourquoi un coefficient arrondi à 1,667 donne 100,02 € et non 100,00 € : pour un prix exact, partez du taux.
Étape 3 : comment passer du prix HT au prix TTC ?
Prix TTC = prix HT × (1 + taux de TVA), et dans l’autre sens prix HT = prix TTC ÷ (1 + taux de TVA). Avec 100,00 € HT et 20 % de TVA : TVA de 20,00 €, prix TTC de 120,00 €. Le simulateur calcule la TVA au centime sur le prix HT arrondi, puis l’ajoute.
| Taux | Nom | Exemples d’application cités par la source |
|---|---|---|
| 20 % | Taux normal (métropole) | Boissons alcoolisées ; cosmétiques et produits d’hygiène |
| 10 % | Taux intermédiaire | Plats servis en restauration, aliments vendus pour une consommation immédiate ; médicaments non remboursables |
| 5,5 % | Taux réduit | Aliments vendus en commerce de détail ou en supermarché ; protections hygiéniques féminines |
| 2,1 % | Taux particulier (métropole) | Médicaments remboursables par la Sécurité sociale |
| 8,5 % | Taux normal à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique | Équivalent du taux normal |
| 2,1 % | Taux réduit à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique | Produits et services relevant en métropole de 5,5 % ou 10 % |
Source : Service Public Entreprendre (fiches F22399 et F23567) et impots.gouv.fr (taux applicables dans les DOM, mis à jour le 07/05/2026), relevé le 02/10/2026. Exemples d'application non exhaustifs. Le taux dépend du produit ou du service vendu, pas de votre secteur. Prochain relevé : avril 2027. Notre méthode
Service-public.gouv.fr indique qu’il existe « un taux réduit de 5,5 %, un taux intermédiaire de 10 % et le taux plein (ou normal) à 20 % »[1] et un taux de 2,1 % pour les médicaments remboursables.[2] Dans les DOM, impots.gouv.fr précise par ailleurs que la TVA n’est provisoirement pas applicable en Guyane et à Mayotte.[3]
Calculez votre prix de vente et votre seuil de rentabilité
Le simulateur reprend les étapes 1 à 3 et y ajoute le seuil de rentabilité : le nombre de ventes par mois à partir duquel vos frais fixes sont couverts, calculé comme frais fixes ÷ (prix HT − coûts variables par unité). Avec l’exemple par défaut : 3 000 ÷ (100 − 45) = 54,5, arrondi à 55 ventes par mois.
Pour un service : mettez 0 et comptez votre temps dans les frais fixes.
Emballage, livraison, commission, sous-traitance : ce qui n’existe que si vous vendez.
Loyer, logiciels, assurances, véhicule et votre propre rémunération.
Taux relevés le 02/10/2026 sur service-public.gouv.fr et impots.gouv.fr.
Le simulateur affiche deux coefficients, car le mot désigne deux pratiques. Le coefficient « HT ÷ coût de revient » est celui des tableaux de gestion (1,667 dans l’exemple). Dans le commerce de détail, on parle souvent du coefficient « prix TTC ÷ prix d’achat HT », qui intègre la TVA et les frais : 120,00 ÷ 40,00 = 3,000 dans l’exemple. Vérifiez lequel utilise votre interlocuteur avant de comparer.
Exemple pour une prestation de service
Une intervention sans achat de matière, 30 € de déplacement par intervention, 4 000 € de frais fixes par mois (rémunération comprise) et 40 interventions prévues : coût de revient de 30 + 100 = 130 €. Avec un taux de marque de 20 % : 130 ÷ 0,80 = 162,50 € HT, soit 195,00 € TTC à 20 %. Seuil de rentabilité : 4 000 ÷ (162,50 − 30) = 30,2, soit 31 interventions par mois. Exemple construit par la rédaction ; saisissez ces valeurs dans le simulateur pour retrouver les mêmes chiffres.
Étape 4 : comment confronter son prix au marché et à la valeur perçue ?
Le prix calculé est un plancher. Le prix affiché se décide face au marché, avec trois questions :
- Que proposent les concurrents directs, et à quoi ? Relevez cinq à dix prix comparables en notant ce qui est inclus (livraison, garantie, délai). Un concurrent moins cher qui n’inclut pas la livraison n’est pas moins cher.
- Quelle valeur le client en retire-t-il ? Un gain de temps, un risque évité, un chiffre d’affaires supplémentaire se chiffrent. Si votre offre fait gagner 2 000 € à un client, un prix de 500 € se défend sans s’aligner sur le concurrent à 300 €.
- Le client a-t-il le choix entre plusieurs niveaux ? Présenter une offre en trois options (essentielle, recommandée, complète) déplace la discussion du « combien » vers le « laquelle ». C’est l’objet de notre guide pour faire un devis qui convertit.
Si le prix du marché est inférieur à votre plancher, ne baissez pas le prix : revoyez le coût (achats, volume, frais fixes) ou l’offre (ce qui est inclus). Vendre sous le coût de revient ne se rattrape pas par le volume. Les autres guides pour défendre vos prix sont réunis dans la rubrique prix, devis et marges.
Quand et comment réviser ses prix ?
Vos coûts évoluent ; vos prix doivent suivre. Les indices de prix de production de l’INSEE mesurent l’évolution des prix pratiqués entre entreprises, secteur par secteur : un argument objectif quand vous annoncez une hausse à un client.
| Secteur | Dernier point | Indice (base 100 en 2021) | Sur un an |
|---|---|---|---|
| Ensemble des services aux entreprises | T2 2026 | 113,1 | +1,8 % |
| Services professionnels, scientifiques et techniques | T2 2026 | 110,9 | +1,9 % |
| Services administratifs et de soutien | T2 2026 | 115,0 | +1,4 % |
| Programmation, conseil et autres activités informatiques | T2 2026 | 108,2 | +0,5 % |
| Services juridiques et comptables | T2 2026 | 111,6 | +1,8 % |
| Conseil en gestion | T2 2026 | 107,1 | +0,7 % |
| Architecture, ingénierie, contrôle et analyses techniques | T2 2026 | 113,4 | +3,3 % |
| Publicité et études de marché | T2 2026 | 117,1 | +1,1 % |
| Services liés à l’emploi | T2 2026 | 115,6 | +1,6 % |
| Nettoyage | T2 2026 | 110,0 | +1,3 % |
| Transport routier de fret et déménagement | T2 2026 | 122,7 | +6,3 % |
| Ensemble de l’industrie (marché français) | août 2026 | 125,4 | +4,8 % |
| Produits manufacturés | août 2026 | 123,7 | +4,5 % |
| Produits métallurgiques et métalliques | août 2026 | 117,3 | +4,5 % |
| Textile, habillement, cuir | août 2026 | 121,0 | +1,7 % |
| Denrées alimentaires, boissons, tabac | août 2026 | 128,5 | −0,6 % |
Source : Insee, Banque de données macroéconomiques, indices de prix de production (services BtoB et industrie pour le marché français), base 100 en 2021, relevé le 02/10/2026. Variation calculée par la rédaction entre le dernier point publié et la même période un an plus tôt. Derniers points provisoires : 2e trimestre 2026 pour les services, août 2026 pour l'industrie. Prochain relevé : avril 2027. Notre méthode
Lecture : un indice de 113,1 signifie que les prix de production des services aux entreprises sont 13,1 % au-dessus de leur niveau moyen de 2021.[4] Côté industrie, l’indice d’ensemble pour le marché français atteint 125,4 en août 2026.[5] Les écarts entre secteurs sont nets : +6,3 % en un an pour le transport routier de fret, +0,5 % pour les services informatiques.
Ce que nous ne pouvons pas vous dire
- Le « bon » prix pour votre offre. Aucun calcul ne remplace le test auprès de vrais clients : le simulateur donne un plancher et une marge, pas le prix que votre marché acceptera.
- Le taux de TVA exact de votre produit. Le tableau cite les exemples donnés par les sources officielles ; les règles complètes sont longues et comportent des exceptions. Vérifiez votre cas sur service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr ou auprès de votre expert-comptable.
- Le texte du Code général des impôts. Legifrance.gouv.fr n’a pas pu être consulté automatiquement le 02/10/2026 ; les taux sont repris des fiches de service-public.gouv.fr et d’impots.gouv.fr.
- Des indices définitifs pour 2026. Les derniers points INSEE sont provisoires et peuvent être révisés à la publication suivante.
Questions fréquentes
Quelle est la formule pour calculer un prix de vente ?
Prix de vente HT = coût de revient ÷ (1 − taux de marque visé), ou coût de revient × (1 + taux de marge visé). Puis prix TTC = prix HT × (1 + taux de TVA). Avec 60 € de coût de revient, 40 % de taux de marque et 20 % de TVA : 100,00 € HT et 120,00 € TTC.
Comment calculer un prix de vente à partir du prix d’achat ?
Multipliez le prix d’achat HT par votre coefficient, ou divisez-le par (1 − taux de marque). Attention : partir du seul prix d’achat oublie les autres coûts. Dans l’exemple de cet article, un achat à 40 € coûte en réalité 60 € une fois l’emballage, la livraison et la part des frais fixes ajoutés.
Comment calculer un prix HT à partir d’un prix TTC ?
Divisez le prix TTC par (1 + taux de TVA). Avec 120,00 € TTC et 20 % de TVA : 120 ÷ 1,20 = 100,00 € HT. Ne retirez pas 20 % du TTC : cela donnerait 96,00 €, un résultat faux.
Faut-il s’aligner sur les prix de la concurrence ?
Pas automatiquement. Vérifiez d’abord que le prix du concurrent couvre votre coût de revient et ce qu’il inclut réellement. Si votre offre apporte plus (délai, service, garantie), chiffrez cet écart et défendez votre prix ; si le marché est durablement sous votre plancher, c’est votre coût ou votre offre qu’il faut revoir.
Sources
- Service Public Entreprendre (DILA), « Taux de TVA sur les produits alimentaires et les boissons », vérifié le 03/12/2025, consulté le 02/10/2026.
- Service Public Entreprendre (DILA), « Taux de TVA dans le secteur de l'hygiène et de la santé », vérifié le 18/06/2025, consulté le 02/10/2026.
- impots.gouv.fr, « Quels sont les différents taux de TVA applicables dans les DOM ? », mis à jour le 07/05/2026, consulté le 02/10/2026.
- Insee, Banque de données macroéconomiques, indices de prix de production des services français aux entreprises françaises (BtoB), base 2021, séries 010766350 à 010766397, consulté le 02/10/2026.
- Insee, Banque de données macroéconomiques, indices de prix de production de l'industrie française pour le marché français, base 2021, séries 010764009, 010764016, 010764030, 010764031, 010764036, consulté le 02/10/2026.
Comment nous sélectionnons, relevons et datons nos données : notre méthode. Prochain relevé général : janvier 2027.